Financées et gérées ensemble par la Région, l’Etat et les collectivités territoriales ou leur groupement (communauté d’agglomération), les Missions Locales rendent un service public local d’accueil, d’information et d’orientation des jeunes à la recherche d’un emploi ou d’une qualification professionnelle.
C’est donc avec stupéfaction que j’ai appris la décision de la CARF de quitter la « mission locale Est 06 » qui œuvre sur tout le territoire de l’est des Alpes-Maritimes, moi qui depuis 1998, conseillère régionale déléguée à la formation professionnelle, j’ai dans mes compétences le suivi et le cofinancement des 29 missions locales de la Région.
Cette décision qui met en danger l’équilibre économique de la Mission locale et sa capacité à agir est totalement incompréhensible à moins qu’elle ne soit motivée par des considérations politiciennes bien éloignées de l’intérêt des jeunes.
Je suis étonnée par la brutalité de cette décision puisque les partenaires institutionnels de la CARF auraient du, à tout le moins, être informés préalablement de cette volonté afin d’en connaître les raisons et rechercher, le cas échéant, avec prudence et le souci de l’intérêt des usagers, les solutions éventuelles.
Je tiens à souligner qu’en 11 ans d’expérience sur ces questions en qualité d’élue régionale, cette décision de la CARF ne s’est rencontrée qu’à deux reprises à Orange et Vitrolles, du temps où ces deux communes étaient gérées par le Front National. C’est dire…
En tout état de cause, cette décision de la CARF met gravement en péril le devenir de la mission locale car elle la prive du tiers de son budget annuel de fonctionnement (130.000 €uros) au moment où le chômage des jeunes est en très nette augmentation (+38,4% en un an dans les Alpes Maritimes) et de surcroît le jour où le Président de la République est venu dans notre Région annoncer des mesures de soutien en faveur de la formation et de l’insertion des jeunes.
Je suis d’autant plus atterrée que depuis de nombreux mois déjà le fonctionnement de cette mission locale, tant au niveau de sa gouvernance que de son équipe opérationnelle, était sur de bons rails avec des équipes motivées. C’est pourquoi je suis consternée des allégations de manque de transparence dans la gestion de cette mission locale, ce qui sous entend une mauvaise lisibilité des fonds publics. Or, siégeant au titre du Conseil Régional au conseil d’administration de la mission locale, je n’ai jamais entendu les autres administrateurs soulever ce problème ni même entendu ceux, dont Patrick CESARI ou Jean-Claude GUIBAL l’ancien président, qui mettent aujourd’hui en avant cet argument pour quitter la mission locale sans demander la moindre explication à ce sujet. A cet égard, je rappelle que les missions locales sont l’objet de contrôles de l’utilisation des fonds publics, spécialement par la Région, particulièrement rigoureux.
En fait, il semblerait que des raisons politiciennes aient en l’occurrence prévalu comme en témoigne la décision récente du bureau de la CARF de refuser l’attribution d’une subvention régionale de 182.000 €uros pour la réalisation d’une maison de la formation à Menton au seul motif que cette subvention venant de la Région, le logo de celle-ci devait apparaître !
Bien qu’attristée par la décision de la CARF de quitter la « mission locale est 06 », je tiens à indiquer aux jeunes du pays mentonnais et à leur familles que la Région (qui consacre 7 millions d’€uros par an aux missions locales) travaille avec les services de l’Etat aux solutions opératoires à apporter dans les meilleurs délais en faveur de la formation et de l’insertion professionnelles des jeunes du pays mentonnais, de façon à ce qu’ils soient le moins possible pénalisés par cette décision.
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